lundi 24 janvier 2022

 

Samedi 20 mai 2 017 : Saint-Jean d’Angely, 23,4 km


Une belle étape, sous un beau soleil, et surtout un passage inoubliable dans la commune « Les Églises d’Argenteuil ».

Je quittais une grande voie pour entrer dans une petite agglomération, et à l’entrée, il y a des bancs devant un petit espace bien aménagé, et je me suis alors dit : pourquoi ne pas manger à cet endroit ? – quoique le plus souvent, se reposer pour moi, c’est surtout descendre mon sac pour soulager mes épaules, m’asseoir un moment, mais aussi bouger un peu pour me décontracter les jambes tout en mangeant. 


Et j’ai échangé avec un passant qui m’a surtout
conseillé de visiter l’église, un peu au-dessus de mon point de repos, et de ne pas oublier de lire quelques documents à l’intérieur de l’édifice. Et c’est ce que j’ai fait peu de temps après…

À la sortie de cet édifice, tour en marchant j’ai rencontré un retraité, qui habite dans le coin, et quand je lui ai dit que je venais de la Réunion, il s’est exclamé : pendant des années, j’ai travaillé à la SNCF avec des Réunionnais. Et alors nous avons parlé un peu de tout, avec un plaisir partagé.





Avant de sortir de ce village, je suis passé devant la grande grille du château du coin, qui était fermée, et donc sans pouvoir vraiment jeter un œil sur le château en question. L’idéal aurait été de pouvoir entrer dans cet espace pour mieux plonger dans l’histoire de cette petite commune qui a bien rayonné dans le passé.

dimanche 23 janvier 2022

 

Vendredi 19 mai 2 017 : Aulnay, 32 km

Au réveil, à 6 H, et après un bon petit déjeuner, je démarre seul, pour constater que s’il ne pleut pas, le temps n’est pas pour autant extra. Loin de là ! Mon ressenti était plus que bon puisqu’en peu de temps la pluie est apparue, mais avec une certaine rage, et pendant une bonne partie de l’étape. Les chemins de terre étaient carrément impraticables au point qu’après avoir consulté mon plan, j’ai décidé d’emprunter longuement une départementale pour ne pas remplir mes chaussures de boue. Et j’ai bien fait : plus loin, alors que cette pluie se maintenait à un bon niveau, j’ai vu Fabien déboucher d’un sentier, crotté de la tête aux pieds – il voulait que je vienne avec lui sur les chemins de terre, ce que j’ai catégoriquement refusé en rigolant.

Quand je suis arrivé au gîte que j’avais choisi – il n’y avait personne dans la maison, et je me suis installé dans un petit dortoir à l’étage – voir photo. Mes vêtements avaient carrément séché sur moi – et ce n’est qu’après que je me suis fait enregistrer dans ce logement.


J’ai pu trouver un coin pour manger pas trop loin de mon logement, et, le ciel s’assombrissant encore – la pluie a menacé tout le reste de la journée ; le soir nous n’étions que trois dans ce petit dortoir – il y avait un autre – et j’ai passé une bonne nuit, content d’avoir bien géré cette étape pluvieuse, et avoir réussi à protéger mes affaires dans mon sac.





 

Voie de Tours 2 017, 2 -ème partie

Se donner un principe, et s’en tenir, au départ de cette nouvelle épreuve de Compostelle : un effort pour apprécier chaque moment. Et sourire, photographier, filmer et écrire le soir avant de s’en dormir. Fixer ces grands moments de vie… de la préparation, au départ de la maison, au voyage avion et train, et aux différentes étapes. Vivre au mieux tous les instants.

Vendredi 12 mai 2 017 : premier couac à l’aéroport Roland Garros, à la Réunion : j’ai oublié la clé de ma valise à la maison (où il y a mon sac de marche préparé et bouclé, et de petites affaires pour différents séjours en France métropolitaine avant et après le chemin, chez des parents ou des amis. Finalement, je pense que mon frère à Marseille chez qui je dois passer, pourra couper ce petit cadenas. Un autre événement inattendu avant le départ de l’avion : une évacuation de l’aéroport à la découverte d’un colis suspect. Et une autre surprise : le gros des voyageurs avait déjà embarqué, et nous étions un peu moins de 10 à avoir fait attendre un peu plus l’avion – une mauvaise organisation dans l’évacuation de l’aéroport. Photo : Les escaliers près de la gare Saint-Charles, à Marseille.

Bon petit séjour à Marseille – une ville que je connais fort bien : j’y ai fait mes études à la Fac des Sciences. Mon frère et des amis organisent à chacun de mes passages des balades et autres petits amusements.

Lundi 15 mai 2 017 : Photo : Le village de Cadenet, dans le Vaucluse, région Provence – Alpes – Côte d’Azur

Une belle visite dans la Provence, particulièrement au village des Bories… et, bien entendu, un bon repas au restaurant. Mais le clou, après ce qui a été une très bonne journée, une belle attaque virale : grippe, nez qui coule et éternuements – bien entendu, j’ai contre-attaqué avec de l’aspirine, me disant que, finalement, je n’avais pas vraiment de chance avec cette voie de Tours. 

Ce fut ensuite un court séjour à Paris avant de me remettre sur cette voie de Tours commencée l’année dernière. Et j’ai oublié mon début de grippe.

 

Jeudi 18 mai 20 17 : j’arrive à la gare de Niort à 12H38 sous une pluie fine et un froid qui pique – cela va mieux du côté de la grippe… mais je dois attendre 15 H un bus pour me rendre à Melle, le départ le lendemain de la 2eme partie de cette voie de Tours. Le temps est long quand on n’a pas prévu des choses intéressantes à faire, tout étant fixé sur un bus à ne pas rater…

Et arrivé à Melle je vais bien entendu à l’accueil de Jean-Jacques Pagery où un marcheur – Fabien, un jeune s’était mis en disponibilité dans son travail pour marcher un peu – est déjà sur place. Très bon repas le soir, une bonne ambiance à table, tout ce qu’il fallait donc pour se laisser ensuite glisser dans les bras de Morphé, et donc passer une bonne nuit avant de démarrer sur cette 2e partie de la voie de Tours.

mercredi 12 janvier 2022

 

Étape 7 : Saint-Sauvant, mardi 17 mai 2 016, 26,8 km ; et mercredi 18 mai 2 016, Saint-Sauvant – Melle


Un accueil extraordinaire de Jean-Jacques Pagery – un copain de Daniel Dumont de la Réunion, un pratiquant assidu des Chemins de Compostelle, qui m’en avait parlé.

J’étais dans son gîte, et il m’a très bien accueilli – je pense à l’excellent repas qu’il avait préparé (voir photo).

Et le lendemain, j’étais à Melle où Jean-Jacques Pagery est bien implanté - e t pour saluer son accueil, je l’ai invité au restaurant où nous avons fait aussi une très bonne bouffe – j’avais déjà décidé d’arrêter cette voie de Tours pour cette année, mes pieds ne supportant plus mes chaussures de marche. Le lendemain, je changeais donc de région pour la Bretagne, et ensuite un dernier séjour à Paris avant de rentrer à la Réunion – mais avec un engagement : revenir l’année prochaine pour avancer sur cette voie de Tours. 

lundi 10 janvier 2022

 

Étape 6 : Coulombiers, lundi 16 mai / 2 016 - 20 km


Je n’ai pas été seul dans cette étape ; j’ai reçu presque naturellement des aides de beaucoup de gens rencontrés : un gars m’a aidé à sortir de Poitiers par le bon chemin – plus précisément par la rue des Joncs ; plus loin un autre qui travaillait dans sa cour m’a indiqué un commerce pour faire des provisions de façon à bien tenir le chemin ; plus loin encore, une dame s’est arrêtée pour confirmer que j’empruntais était bien le bonne voie ; la jeune dame qui lavait sa voiture à Cadoue me confirma que j’avançais bien dans la bonne direction. Puis ce fut le déjeuner sous un chêne alors que la pluie commençait à goutter.

J’ai eu mal aux pieds et au bas du dos – une question d’équilibre de mon sac ? J’ai bien compris que les gens ne sont pas indifférents aux marcheurs de Compostelle. Bien sûr, on en trouve qui ne s’arrête pas quand on leur demande des informations.

J’ai toujours des petits problèmes d’interprétation avec les préconisations de mon guide, et, bien entendu, il me faut à chaque fois trouver une solution pour m’en sortir. Mais, qui se révèlent justes après avoir bien cerné les réalités du Chemin – Les rédacteurs synthétisent un peu trop vite, sans doute pour ne pas avoir trop de pages à publier.

Une femme s’est arrêtée à ma hauteur, dans sa voiture elle avait compris que j’étais en recherche d’orientation – sans doute parce que je n’étais pas le premier qu’elle voyait en recherche à cet endroit : elle m’a aidé à trouver une fameuse borne d’incendie comme repère pour le bon chemin. J’ai été quand même assez baladé dans le paysage avant d’arriver à Coulombiers. Et au bout, une satisfaction : la pluie avait vraiment cessé – mais un froid qui pique avait pris le relais.

À l’Hôtellerie de Coulombiers, j’ai eu une bonne discussion avec une dame, et je me suis aperçu qu’elle connaissait bien le monde des pèlerins.

 

samedi 8 janvier 2022

 

Étape 5 : Poitiers, dimanche 15 mai 2 016 – 34,5 km


La méga étape, avec un apport nouveau pour ce qui est de ce type de chemin à la fois célèbre et fortement historique : la Voie Romaine. J’ai eu en plusieurs fois à faire face à une classique adaptation entre les préconisations du mon livre et le balisage sur le terrain, voire à des choix sur la carte Internet de mon portable – c’est qu’il y a toutes sortes de variantes, la voie de Tours est d’une très grande richesse. Lorsque je perdais le fil de mon livre, je me repositionnais bien plus loin dans la réalité de ce GR. Par exemple, pour me rapprocher du début de la Voie Romaine, je me suis rattrapé au Calvaire Blanc (voir photo).

Dans la portion que j’ai parcourue, c’est une belle voie, bien large et entretenue, il ne manquait plus que des chars et des cavaliers romains pour compléter le décor. On ne peut pas en faisant ce parcours ne pas essayer de s’imaginer un défilé sur cette voie à cette époque où la Gaule était occupée par les Romains.


Un souvenir marquant : alors que je terminais cette fameuse voie historique où je ne cessais de penser aux soldats romains déboulant sur leurs chars, à une intersection avec une route asphaltée débouchait une voiture avec à bord des gens bien habillés. Elle s’est arrêtée à mon niveau. Et j’ai un peu échangé avec un des occupants. Quand je lui ai dit que je venais de la Réunion, sa réponse m’a tout simplement fait rire : vous venez de Mafate ? Sans doute, l’homme a été très impressionné lors d’un séjour dans l’île par les paysages et la rencontre avec les habitants sur place lors d’une excursion à cet endroit, l’un des trois cirques qui caractérisent les hauts de l’Île de la Réunion.

Quand les informations du guide ne semblent ne plus coller à la réalité vécue, pour s’en sortir, il faut aller vers des gens du coin rencontrés et leur demander des précisions sur la suite du parcours. Et tout redevient alors évident, simple. Cette voie de Tours est aussi un très bon terrain d’exercice pour s’habituer à l’utilisation d’Internet de façon à mieux se caler dans le réel.

Un gros problème lors de cette étape s’est présenté à Bruxerolles – rien ne collait plus avec les informations que j’avais ; et ce sont deux jeunes qui m’ont « sauvé » en me proposant de prendre un bus pour le centre-ville. Il faut savoir utiliser tous les moyens pour mieux coller aux réalités du terrain… et gagner du temps.




À certains endroits de cette voie de Tours, je m’en suis sorti en demandant des conseils aux gens que je rencontrais. Il en fut de même dans la ville d’arrivée pour trouver la maison diocésaine de Poitiers où je comptais passer la nuit. Et c’est une jeune fille, près de la cathédrale de cette ville, qui m’a aidé à trouver le chemin pour y aller. La question importante qui se posait alors : où trouver à manger simplement dans le coin ?

Quand j’ai passé le portail de cette maison diocésaine, j’ai immédiatement surpris de la juxtaposition de plusieurs grands bâtiments, et pendant un moment je me suis demandé où dois-je passer pour obtenir une place. J’ai été bien accueilli et placé dans une chambre à l’étage, et près de tout ce qu’il faut pour se doucher et laver des vêtements. Je n’ai pas rencontré âme qui vive en me déplaçant dans cet immeuble. Et ce fut encore un immense plaisir quand j’ai découvert en redescendant pour une virée dans le quartier, qu’il y avait une partie restaurant au rez-de-chaussée d’un de ces immeubles. Tout finit toujours par se simplifier !

Et j’ai appris tout récemment qu’il y a une maison diocésaine toute neuve à Poitiers, et bien outillée pour exercer ses multiples fonctions dans la zone d’influence de la religion catholique.